L'ÉGLISE SAINT-REMI
Domats, à la source du Betz, est mentionné dès le IXe siècle. On ne sait si une église fut déjà construite à cette époque ; par contre, dès le XIIe siècle, des textes en font état :

"Donation par Gui, archevêque de Sens, aux chanoines de Saint-Julien-du-Sault en 1193. L’archevêque voulant aider à faire le service divin dans l’église Saint-Pierre de Saint-Julien-du-Sault donne l’église de Domaz aux chanoines qu’il y a fondés" (Fonds de la Collégiale de Saint-Julien-du-Sault, L.1.1. -  copie du XVIe en mauvais état aux Archives Départementales d’Auxerre).
«  En 1211, Geoffroy, Abbé du Jard, reconnaît que le Chapitre de Saint-Julien-du-Sault lui a permis de construire une église au territoire de « Braleiz » (?) sur la paroisse de Domats. L’abbé donne en reconnaissance au Chapitre l’exercice du droit de dîme sur les terres dépendant du monastère en ce lieu. Il promet aussi de n’exercer aucun droit curial sans la permission du curé de Domats ».
Source : Cartulaire de l’Yonne par QUANTIN
En 1358, pendant la guerre de Cent Ans, le village de Domats, fut entièrement brûlé par les soldats anglais menés par Robert Knolles de triste réputation. L’église ayant subi le même sort que les maisons du village a été rebâtie vers les premières années du XVI° siècle.  Sa nef voûtée est construite en bois, en forme de coque de bateau retournée et n’a pas de bas-côtés.

Dans les années 50, le choeur était séparé de la nef par une belle grille en fer forgée. Aujourd'hui, tout le reste du mobilier est à la même place. Un nouvel autel, réalisé par un artisan du pays, a remplacé l'ancien dans les années 1950.
Un exemple rarissime d'une chaire "assise" sur le confessionnal. C'est un Domatien, inhumé le 4 septembre 1730, Pierre Bérault, marchand demeurant aux Joigneaux,"qui a laissé à l'église la somme de 60 livres pour aider à faire un confessionnal".
Ce mobilier date donc du XVIIIe siècle. comme les stalles et le banc d'oeuvre.
Le bénitier, comme les fonts baptismaux, a été réalisé dans un chapiteau dont on a creusé le sommet afin d'y accueillir l'eau bénite.

La statue de Saint-Rémi

Saint Rémi serait né vers 437 à Cerny-en-Laonnois, près de Laon, dans une famille de la bonne société gallo-romaine. Fils du comte Emile de Laon et de sainte Céline, il fit des études à Reims puis fut élu évêque de Reims à seulement 22 ans.
Son épiscopat aurait duré 74 ans si l’on en croit l’inscription que fit porter l’archevêque Hincmar de Reims en 852 sur son tombeau : « à partir de 459-462 jusqu’à sa mort », intervenue le 15 janvier 533.

Fête le 15 janvier, mais dans le diocèse de Reims il est fêté le 1er octobre, conformément à une tradition universelle remontant à la fin du VIe siècle. D’ailleurs, Domats a longtemps respecté cette tradition, puisque la fête du village avait lieu à cette date.

Le calvaire : Christ en croix, la Vierge et Saint Jean

Groupe sculpté en bois polychrome du XVIIe siècle (classé le 7 octobre 1969 et objet de restauration en 2008). Ce calvaire a toute une histoire. Dans les années 50, l’Abbé Grillot, alors en charge de la paroisse, avait récupéré la Vierge et saint Jean dans un triste état, au fond de l’église. Il les a nettoyés pour les remettre en valeur ; mais il manquait le Christ. Par contre, un grand lustre à pampilles de cristal descendait du plafond. Ayant repéré chez un antiquaire ce grand Christ en croix, il négocia l’échange et c’est ainsi que le calvaire fut reconstitué.

La Vierge et saint Jean sont d’une époque légèrement antérieure à celle du Christ. Certains experts pensent qu’il s’agit d’une œuvre (pour une poutre de gloire ?) de l’atelier de Chaource dont l’école de sculpture fut florissante au XVIIe siècle avec un certain Maître de Chaource dont l’identité n’a jamais été déterminée. On avance pourtant le nom d’un certain Jacques Bachot.

L.es verrières

Le chœur  est éclairé par sept grandes fenêtres qui, ainsi que celles de la nef, étaient ornées de vitraux représentant les scènes principales de l’Ancien et du Nouveau Testament. Le vitrail le plus  remarquable sous le rapport archéologique est (on va dire était, vu ce qu’il en reste) celui de la grande fenêtre, à gauche dans la nef. Au centre, Dieu le Père, habillé en pape, ainsi qu’on l’a représenté pendant la dernière période du Moyen-Âge, est entouré d’une Gloire ; plus haut, dans les compartiments de la fenêtre, on remarque encore des anges faisant de la musique. (A Sens, une des rosaces représente justement un concert céleste de même facture) avec des instruments employés au XVIe siècle. Certains experts ont avancé que ces verrières auraient été l’œuvre de l’atelier de  Jehan Cousin dit « le Jeune », né à Sens sans doute en 1522 et mort en 1595.

Dans l'embrasure d'une verrière, à l'intérieur de la nef, on distingue un bas-relief en forme de coquille saint-jacques. Positionné à l'identique, à l'extérieur de la même baie, on remarque un autre bas-relief qui représente la besace et le bourdon (dont il manque la partie inférieure). Cet ensemble fait inévitablement penser au pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle.

Si l'on sait que sur le territoire de Savigny-sur-Clairis, au lieu-dit actuel "Les Dornets", se dressait la commanderie hospitalière de Monthezard, on peut se poser la question : "Domats a-t-il été un lieu de passage sur un des multiples chemins de Compostelle ?" , sachant que l'ordre des Hospitaliers veillait, comme l'ordre des Templiers, sur la sécurité des pélerins....

Le baptême de Clovis

Ce tableau, classé par les Monuments Historiques le 7/10/69, très détérioré par des moisissures, a été  restauré en 1996 avec la participation financière du musée de Reims qui avait demandé à l’emprunter pour les cérémonies du 500ème anniversaire du baptême de Clovis en décembre 1996.
On ne connaît pas le nom du peintre ; on sait seulement qu’il s’agit d’une œuvre du XVe siècle, car les personnages représentés ne sont pas habillés avec des vêtements du temps de Clovis, mais avec ceux de l’époque de la réalisation du tableau. En effet :

  • Clovis est figuré sous les traits de Henri IV
  • Clotilde a les traits de Marie de Médicis
  • le personnage juste derrière est visiblement le prince de Condé
  • le prélat près de Clotilde est le cardinal Du Perron archevêque de Sens
    de 1606 à 1618.
  • Le deuxième prélat serait le frère du cardinal  de Sens du Perron qui était archevêque de Rouen.

La Vierge à l'enfant,

Sculpture en bois du XVIIe siècle. A l'instar des statues du calvaire, cette Vierge a subi de lourds dommages au cours des siècles. Des traces de polychromie subsistent en dépit des "grattages" successifs.

Une restauration récente a supprimé quelques ajouts disgracieux : entre autres la main droite et une partie du pied gauche.